Archive for septembre, 2011

Des codes, de l’invisible et du dernier toro

Jeudi, septembre 29th, 2011


4 septembre
Suzanne Strassmann,  plasticienne elle même, photographie les gens dans les grands raouts de l’art contemporain (Bâle, Frieze, Kassel, Venise etc…) Il s’agit soit de la faune institutionnels-critiques-curateurs-collectionneurs-marchands-artistes, soit d’employés, parfois les deux mélangés. Regard documentaire froid, montré à la galerie Porte Avion,  où l’on peut lire les étranges mélanges du petit monde de l’art contemporain de haute volée financière : panoplies sombres de banquiers/ières, business et jeans as usual, robes couture et chiffon travaillé. Les codes s’entrecroisent tellement que ce banquier est peut-être un artiste et cette barmen une collectionneuse dans un milieu où  personne ne veut être en retard d’un train et où chacun tient à se différencier mais surtout sans avoir l’air de.
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Suzanne Strassmann : Kopfhörer_écouteurs. Freize London 2008. Photo numérique. 23,5 x 31,5. 2011

7 septembre
Sur le modèle du Léviathan réalisé pour la Monumenta 2011 au Grand Palais (ci-dessous) Anish Kapoor  va construire une salle de concert mobile au Japon pour les victimes du tsunami. Le projet, intitulé Ark Nova,  s’est développé à  l’initiative du Festival de musique classique de Lucerne,. L’architecte japonais Arata Isozaki est chargé de la réalisation et la structure gonflable, dont le budget est estimé entre 4 et 5 millions d’euros, accueillera des manifestations artistiques dès le printemps 2012.

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11 septembre
Une ville française de 11 000 habitants peut-elle proposer aujourd’hui une véritable exposition internationale d’art contemporain ? Oui, mais c’est rare. Démonstration avec l’exposition  Big Brother -l’artiste face aux tyrans- au Palais des arts de Dinard, dont c’est aujourd’hui le dernier jour. Exemplaire et remarquable manifestation d’une trentaine d’artistes contemporains de toute la planète parmi lesquels des gens de la qualité d’Adel Abdessemed, de Francis Alÿs, de Mircea Cantor, de Jenny Holzer, de Fahrad Moshiri ou de Cindy Sherman. L’ affiche  rappelle une performance de  Maurizio Cattelan qui scotcha au mur de sa galerie, un jour de 1999, son marchand milanais Massimo De Carlo pendant toute une soirée de vernissage.

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Maurizio Cattelan. A perfect day. 1999

17 septembre
Pourquoi photographier l’invisible ? Question posée par ces neuf grandes photos carrées montrées par Xavier Girard à la galerie Où.   Bosquets de cannes dans les lieux indistincts où ils prospèrent : talus, terrains vagues, citernes, canaux agricoles. Avec pour titre commun Invisibles, ces photos, brutales de lumière et de cadre, veulent nous mettre devant l’oeil ce que nous refusons de voir : l’ailleurs ici présent, l’insignifiant, la banalité, le hors champ. Inévitablement comme la métaphore de tous les invisibles.

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Xavier Girard. Invisibles.120 x 120 cm. 2010

20 septembre
Cette Oeuvre au blanc d’Aurélien Louis  (Galerie V.I.P.)  fait partie d’un ensemble consacré au chamanisme. On y reconnaît, ici et là, l’image zoomorphe de la grotte des Trois-Frères, les souvenirs de photos de Navajos et de Lakotas d’Edward Curtis ou le visage d’un Bororo photographié par Levi-strauss. On y parle visuellement d’Amanita muscaria, de lucidogène, de Mutus Liber, d’or, de pyrite et de peyotl, bref de chamanisme,. C’est-à-dire de notre plus ancienne relation aux mystères du monde.
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Aurélien Louis. Oeuvre au blanc. Encre blanche. 30 x 30 cm. 2011.

21 septembre
Spencer Tunick  a encore frappé : le spécialiste des performances avec foule nue vient, pour la première fois, de réaliser un de ses projets au Proche Orient. Une foule d’un millier de personnes nues près de la mer Morte. Le tout dans le cadre d’un projet visant à obtenir la reconnaissance et la protection de la mer Morte qui est menacée d’assèchement. Comme on peut l’imaginer de nombreux rabbins et autres personnalités religieuses n’ont pas manqué de crier au scandale en évoquant Sodome et Gomorrhe.

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25 septembre
Aujourd’hui dernière corrida à Barcelone, qui a voté par référendum pour l’interdiction de la fiesta bravaMiquel Barcelo  a dessiné l’affiche qui a été décollée et volée dans toute la ville et la province comme souvenir et peut-être -on peut rêver- pour ses qualités plastiques. Le toro dans l’oeil du tourbillon de l’arène. Une fois encore la démonstration que l’art a des relations circonflexes avec la réalité : ici l’armure est l’iris de l’oeil de l’arène alors que pour l’aficionado cet animal est un peu corniapretado, ses cornes sont trop fermées.
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